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Sur
la peinture électronique.
"to
top"
Je suis peintre
mais depuis peu je suis équipé dune machine et en pensant
poursuivre un travail de peinture qui était déjà passé
par la gravure, la photographie, la vidéo et le design pour le théâtre
je me suis mis à dessiner avec cette machine. Presque naturellement internet
sest imposé comme la discipline qui parviendrait à regrouper
en une seule les activités disparates que je menais. Jai eu loccasion
de montrer mon travail lautomne dernier et jai eu la chance de rencontrer
ainsi des gens que les fichiers compilés lors du mailing ne destinaient
pas particulièrement à sintéresser à internet.
Je veux dire à internet en tant que modus operandi de lart. Jen
ai tiré une série dimpressions plutôt nouvelles parce
que les réactions tranchaient avec les habituels commentaires de vernissages.
Il est rare quon demande à lartiste dans ce genre de circonstance
pourquoi il passe son temps à ce genre dactivité ou quon
émette tranquillement le constat de la gratuité de lart.
Il faut dire que javais reçu une bourse pour mener mon projet qui
initialement consistait à tenir mon journal dartiste en ligne.
Les circonstances ont fait que je me suis trouvé à faire tout
autre chose que ce que javais prévu et que mon travail au cours
de lannée que durait le projet a changé de nature. Au rang
des circonstances il y a deux choses primordiales : la première est que
pour tenir un journal en ligne il ma fallu ouvrir un site et donc apprendre
un peu de cette technique et deuxièmement que ce projet commençait
à lissue de ma précédente exposition qui sétait
tenue le onze septembre 2001 ce qui mavait laissé frustré
et surtout avec plein de tableaux invendus qui allaient encombrer démesurément
mes pensées.
Quand on prépare une exposition on termine quelque chose, un round. La
suite dépend souvent du vide laissé par les uvres vendues
et qui à combler. Dans mon cas ce vide nexistait pas et je me suis
réfugié dans cet exercice qui ne laisse pas de trace quand on
éteint la machine. Et puis cétait nouveau et assez vaste
pour se distraire des frustrations.
Mais ce que je ne soupçonnais pas était que jabordais une
côte dont jimaginais très mal le dessin. Je navais
pas mesuré létendue de ce que je touchais.
Jai dabord imité ce que je faisais sous dautres formes,
ensuite les manières se sont mélangées et enfin jai
pris conscience quil sagissait dune chose nouvelle. Que mon
travail ne sétait pas dupliqué ou transposé mais
quil avait changé de nature.
Au bout de six mois jai tenté dexpliquer à ceux qui
mavaient accordé la bourse que javais découvert le
fil à couper le beurre et quil fallait que je men remette.
Mais la réponse qui mest revenue est que ce nétait
pas si simple pour eux que pour moi.
Lexposition à donc eu lieu et de fait, ce que javais appris
nétait pas, loin sen faut, une évidence pour tout
le monde.
Verbiedingen/Jonctions est peut-être loccasion de mettre au propre
cette expérience. Bien sur ce qui pour moi fut une découverte
ne lest plus pour beaucoup mais jespère que la combinaison
des évidences par un artiste béotien pourrait être intéressante
et amener une discussion.
Je le souhaite parce quil me semble, quoique je ne sois pas au fait des
dernières évolutions, qu il (me) manque un cadre qui corresponde
au nouveau genre dart. Une Esthétique numérique, une Histoire
de lart quantique. Un bon goût nouveau.Voici les quatre points que
j'aborderai dans ce texte:
1. Les expériences de pensées , les rapports de lart avec
la physique.
2. Lévolution de lesthétique, lhistoire de lart
comme un darwinisme.
3. La libération par le paradoxe, labsurdité des moyennes
et la fécondité des exceptions.
4. Les techniques nouvelles propres à lélectronique, le
sous-texte éthique.
Jillustrerai de mes propres travaux parce que ce sont deux que sont
venues ces réflexions.
1.
Les expériences de pensées , les rapports de lart avec la
physique.
Jai souvent eu des difficultés à expliquer le sens de ma
démarche artistique électronique. Il ne paraît bizarre à
personne que lon fasse de la comptabilité avec une machine, qui
plus est, de nature mathématique; on dirait que faire avec la même
machine de lart équivaudrait à changer la nature profonde
de l'art justement. On nobtiendrait dune machine quun résultat
froid, comme disons le résultat dune opération arithmétique,
et rien dautre. Ce nest ni vrai ni faux mais cest croire que
sans machine il y aurait quelque chose dirréductible, dirréduit
dans lart. Une âme, disons le mot.
Il ma donc fallu, ainsi j'en suis sûr, qu'à tous ceux qui
se sont adressés à un cercle plus grand que les " initiés
", élaborer un appareil critique en même temps que luvre
elle même.
Bien sûr, les informations traitées par une machine sont des paquets
dénergie plus ou moins ralentis, retenus puis relâchés,
il ne faut pas expliquer ça. Ce quil faut expliquer, quelque soit
le type dart quon produise, cest que luvre se
double, si on utilise une machine, non pas dune âme ou dune
charge particulière, mais dune description chiffrée, dun
nombre de bits et dune organisation de cette information. Je crois que
ce nest pas seulement nécessaire à son traitement par la
machine mais aussi utile à son existence en tant quuvre de
ce type.
Je mintéresse à lhistoire des sciences et inévitablement
la physique sert de référence. La physique sest mal séparée
de la philosophie et souvent elle contient une sorte de poésie qui minspire
beaucoup.
La physique du siècle dernier (XXème) a produit une poésie
qui ne finit pas de retentir; la technologie de ce siècle-ci applique
des principes vieux dun siècle et nous autres les artistes naissons
à ces concepts.
Depuis longtemps les expériences physiques impossibles à mener
en laboratoire (par exemple parce quil était difficile à
Einstein dy faire tenir lunivers, ou quil paraissait cruel
à Schrödinger dassassiner des chats) ce sont "réduites"
à des expériences de pensée.
Elles n'ont pas été moins fécondes que
dautres et, à quelques adaptations mathématiques près,
pas moins fiables non plus tant leurs résultats se sont montrés
précis dans leurs applications.
LAmérique à construit et fait exploser des bombes atomiques
par exemple ce qui nest pas des plus farfelu comme résultat .
Nous qui venons si tard, nous qui avons dû attendre la popularisation
des programmes de traitement de texte ou dimages, semblons être
paralysés, impuissants à générer un art effectif,
adapté aux nouveaux moyens.
À cause de mon intérêt pour la physique jai tendance
à croire quon pourrait sen inspirer. Toutes proportions gardées
je crois que comparaison est parfois raison contrairement au dicton en tout
cas quil y a quelque chose à tirer de la mise en parallèle.
Il faut dire quil est ingrat de se trouver à lembranchement
dune nouvelle technique et de lart. Aux photographes et les peintres
du dix-neuvième siècle Il n a pas fallu faire en sorte que
la nouvelle technique reste du dessin ou sen éloigne mais abandonner
académiquement le souci de fidélité que la photographie
apportait tellement plus efficacement. Il a fallu rendre possible, visible (?)
une nouvelle manière de peinture, de nouveaux canons pour le beau.
Pour nous, par analogie, le prochain pas dans traitement de limage ne
serait certainement pas la poursuite de limitation ou de lextrapolation
réaliste mais un nouveau goût plus intimement lié à
la nouvelle nature (numérique) de lart.
Si ce qui différencie un dessin, par exemple, d un jpeg produit
par un programme de dessin est dordre numérique alors ce quil
nous faut prévoir est un " goût numérique ".
Jutilise pour moi même ce genre de termes désuets pour les
faire sonner et voir si comparaison est raison ou non.
Sil faut prévoir un goût de nature numérique comment
ne pas imaginer quil sera le résultat dexpériences
de pensée comme celles qui ont amené les machines et la méthode
pour les faire fonctionner.
Au début du XXième sont nées les deux révolutions
physiques les plus spectaculaires par leurs applications ;
la très fameuse relativité (très classique et très
sérieuse)et la plus déroutante physique des quanta (beaucoup plus
abstraite et matheuse mais aussi furieusement poétique).
Pour les ordinateurs la découverte, linvention du comportement
de la plus petite quantité dénergie envisageable et les
bizarreries probabilistes des propriétés des particules (dont
les électrons) lors de leurs échanges a été fondatrice.
Un pan entier de la connaissance sest trouvé modifié et
des nouveautés, inimaginables, invisibles jusque là se sont faites
jour. Ce qui avant les travaux des fondateurs de cette physique nétait
quincongruités mathématiques ou exceptions difficilement
démontrables, cest muée en principes de base.
Cest difficile de ne pas y voir le même type de changement que celui
qui au même moment sopérait en peinture et que celui que
nous devrions tous encourager et provoquer.
Dans ces changements brusques il y a une poésie étonnante. Cest
dans une étude sur un point absurde de létat des connaissances
physiques de son époque (rayonnement infini dun corps noir soumis
à un rayonnement dune certaine énergie) Einstein (le même
que pour la relativité) invente la possibilité pour la nature
de se comporter à très petite échelle de manière
bizarre, non pas continue mais discrète, rayonnant par paquets dénergie.
Pour ceux qui ne seraient pas sensibles à la pure beauté de la
description de ce travail conceptuel -changer la face du monde- il reste au
moins le sujet de létude : le rayonnement dun corps noir.
Dans la vie courante lidée de rayonnement et l idée
du corps noir sont plutôt éloignées. Mais alors que ce qui
était absurde était le rayonnement infini, la solution du problème
est aussi troublante et non intuitive.
Cette digression me semblait nécessaire pour comparer notre situation
à celle là. Il me semble que le changement apporté dans
lart est de cet ordre, ou à tout le moins cest vers ce genre
de réponses non intuitive et sans doute troublante quil faut se
diriger.
Bien sûr je ne suis pas Einstein et rares sont ceux qui ont lintuition
et la liberté desprit pour inventer ce genre-là de transformation.
Mais pour nous qui sommes, un siècle plus tard, avec comme outils non
seulement les concepts mais les applications techniques, les algorithmes efficaces
et les langues, les codes, le chiffre, appropriés , nous sommes confrontés
à un point tout aussi absurde à mon avis que létait
la propriété dun corps noir abstrait:: létat
de la culture de notre époque. L inadaptation de lesthétique
aux modes opératoires récents de lart.
Or ces transformations dans la manière de voir et dexpliquer le
monde sont venues pour la plupart dexpériences de pensée,
sans expériences réelles, sauf les mesures des effets de cette
pensée, sauf les vérifications de la justesse des prédictions.
Il me semble quau delà de lutilisation et de la transformation
de la matière artistique numérique il nous faut tenter des expériences
de pensée directement numériques. Rechercher une esthétique
quantique. Pas seulement pour le mot, mais pour faire se correspondre la poésie
de lincongruité de cette science et la fécondité
inéluctable du nouvel art.
Par exemple :
Je me suis essayé à faire une expérience de pensée.
Le résultat nest pas autre chose quune animation comme on
en voit beaucoup sans doute mais mon intention nest pas de faire une chose
unique. En prenant comme décor un petit film, un travelling dans une
rue abandonnée pour cause de pollution qui fait penser que cest
lhiver (il ny a plus de feuille, le ciel est gris), jai animé
image par image un cerceau de couleur. Pour dessiner ces ellipses jai
utilisé un outil daspect naturaliste, cest à dire
quon dirait des coups de pinceaux ou des traits de craie. Jai dessiné
des ellipses de plus en plus petites de sorte quavec la perspective de
limage de fond on dirait quun cercle de peinture animé dun
mouvement propre roule sur le trottoir un peu plus vite que la voiture doù
le film original fut enregistré. Pour renforcer ce côté
vériste jai interrompu mon dessin en suivant le contour dun
arbre situé entre la voiture et ma roue de peinture. Mon idée
était de faire rouler de la peinture animée de manière
indépendante, qui plus est, dans un décor qui semble impropre
à une autre vie.
Lexpérience de pensée consistait en un happening
non réalisable dans le réel mais réaliste dans la maquette
et dont le dessin (ici lanimation) donne une idée précise
de ce que ce serait.
Jai alors tenté une expérience similaire en peignant de
manière classique (avec des pinceaux et des couleurs, sur une toile)
un objet noir pour éprouver son " rayonnement " . Jai
choisi un objet sonore et je lai placé sur un fond blanc. Mais
en peinture classique ça ne donne pas la même sensation de réel.
Est-ce la forme de clin dil au carré noir sur fond blanc,
au corps noir rayonnant
qui ne met pas tant la réalité hors
détat ?

En résumé.
Nous devons à quelques génies du siècle dernier une nouvelle
Nature. Les applications de cette physique née dexpériences
de pensée nous sont accessibles et transforment la nature de la matière
artistique. Il est inéluctable que cette transformation entraîne
la transformation de lesthétique. Cette transformation de lesthétique
se pourrait par une méthode similaire cest à dire dexpériences
de pensée. Il est probable quil ne faille pas chercher dans ce
qui est visible, acceptable ou raisonnable. Les expériences de pensée
ne sont pas forcément des projets énormes mais des manifestations
qui mettent hors détat les données classiques de reconnaissance
dune uvre dart.
2. Lévolution de lesthétique, lhistoire
de lart vue comme un darwinisme.
Nous avons lhabitude
de considérer lévolution, les évolutions, comme une
ligne tendue vers le progrès. Tout aurait une lignée qui aurait
conduit à ce qui existe maintenant. La flèche du temps a une direction,
unique, et tout ce qui sinscrit dans ce temps sinscrit entre deux
autres choses, celle qui précède et celle qui suit.
Le choc provoqué sur les consciences par le fait que ce temps concernait
aussi notre espèce est encore sensible. Bien que ce fût difficile
à avaler par nos aïeux il semble que Dieu nait pas créé
les être vivants de toutes pièces et finis une fois pour toutes.
Nous succédons dans le temps à des formes dêtres plus
anciennes et différentes. Il y a bien eu une évolution entre ces
formes anciennes et nous. Mais les deux idées de la direction de la flèche
du temps et de lévolution des espèces ne sont pas confondibles.
L évolution nimplique pas une lignée.
Par exemple nous savons tous que lhomme descend du singe, mais ça
ne veux pas dire que les singes actuels sont nos ancêtres, ni qu'ils sont
calés dans leur évolution et nous arrivés à un stade
ultérieur de progrès.
Le fait que nous soyons conscients de notre mort, que Tintin ait marché
sur la Lune etc
ne doit rien aux chimpanzés.
Lhomme descend du singe et le Chimpanzé aussi. Il faut même
remonter relativement loin pour que ce soit du même.
Lévolution est buissonnante, redondante plutôt que linéaire.
Confondre lévolution des espèces avec la croissance du progrès
est plutôt risqué. Cela conduit à définir le progrès
comme ce à quoi nous sommes arrivés ce qui est une perspective
plutôt étroite et nombriliste.
À bien y regarder la redondance est même la condition de lévolution.
Si chaque organisme était unique et adéquat il ny
aurait pas de possibilité dévolution. Dabord parce
quil ny aurait aucune raison dévoluer et en suite parce
que cette évolution ne pourrait se produire sans risque de mettre en
péril lensemble en suspendant temporairement une fonction irremplaçable.
Or pour simples que soient ces principes ce ne sont pas eux qui nous dirigent
dhabitude quand nous envisageons lhistoire et donc lhistoire
de lart, lévolution de lart.
Mais existe t-il un progrès entre lart de Fra Angelico et du Caravage,
entre Ingres et Matisse ?
Si objectivement on est habitué à se dire, par exemple, que la
longévité ou lalphabétisation se sont accrues entre
les époques respectives de Léonard de Vinci et de David Hockney
et que cet allongement constitue un progrès historique il est difficile
de continuer dans cette perspective pour classer, ordonner lart.
Ainsi lart actuel ne serait en rien lhéritier dune
lignée artistique ancienne et les styles anciens qui se réclament
les uns des autres ne le feraient qu'à cause de lartefact classique
dû à la non séparation de la succession des styles dans
la direction de la flèche du temps et de lhérédité
des styles.
Comme lhomme et le chimpanzé descendent du singe, le peintre térébenthine
et le peintre numérique descendent sans doute tous les deux dun
artiste Cro-Magnon mais par des branches divergentes, par des ramifications
souvent croisées.
Vu de cette façon le fait que les usages classiques (dessin, collage,
découpes
) de lart de type
peinture soient encore efficaces dans la fabrication dimages numériques
est seulement une occurrence de foisonnement et de redondance plutôt que
la marque dune continuité.
La distinction permet de voir arriver une renaissance sans jugement sur laspect
gothique de ce qui, historiquement, sépare le modèle ancien et
son interprétation nouvelle.
Il me semble légitime de penser en voyant des esquisses rapidement brossées
à l'essence au XVIIIème que labstraction na
pas été découverte à lépoque moderne
mais que cet aspect sest trouvé recombiné à ce qui
était devenu visible, possible ou achevé.
À la façon des espèces, lesthétique a subi
une évolution longtemps niée par les créationnistes (le
gréco-romain a frappé toutes les époques de sa beauté
initiale absolutiste et R. Bofill en a été un chantre post moderne),
elle est devenue progressiste dans le sillage de lhistoire. Mais ça
ne fait pas sens. La multiplication des caméras ne provoque pas une inflation
du cinéma mais seulement du marché de léquipement
électroménager. Néanmoins si cette multiplication métamorphose
laccès au cinéma linfluence des millions de gens qui
enregistrent la vie est plutôt dun autre ordre quéconomique.
Lart numérique actuel nest pas un descendant dun art
ancien, ni une forme atrophiée ou hypertrophiée, mais une bifurcation
dans le buissonnement évolutif de lesthétique. Il nest
ni plus ni moins adapté à lenvironnement historico-moral,
il est une nouvelle combinaison qui exige une idée différente
du beau et du sens.
Bien sûr les critères de jugement moraux dune époque
sappliquent à tous les éléments dune époque.
Et malgré le flou inhérent à la faible distance, ce quon
peut reconnaître sans trop de peine comme critère marquant pour
notre époque est la suprématie de léconomisme et
de ses tenants les plus forts, les moyennes et les tendances communes aux grands
groupes.
Et donc léconomisme ambiant sapplique aussi à lesthétique.
Mais il se peut que ce soit absurde, ou du moins aussi étrange que le
fait que des gens sensés aient pu croire que Dieu avait effectivement
créé chaque chose et chaque chose dans son état parfait.
3. La libération par le paradoxe, labsurdité
des moyennes et la fécondité des exceptions.
Ça naura échappé à personne; lexpression
la plus divertissante de linformatique est l'irruption de labsurde.
Quand on fait traduire par une machine un texte, ou quand les questions récurrentes
se posent hors de leurs contextes on se rappelle brusquement quune machine
même parée de la plus douce des interfaces ne travaille pas de
manière intuitive ou naturelle.
Jai un jour hésité sur la marche à suivre alors que
ma machine me demandait si je voulais enregistrer les changements apportés
à " le genre humain ". Cétait dautant plus
troublant que la machine proposait de sauver, ne pas sauver ou dannuler.
Je fais partie de ceux pour qui la convivialité de linterface est
un progrès et un confort notable. Si l évolution des systèmes
avait été différente il est fort probable que je ne me
serais même jamais intéressé à linformatique.
Mais avec cet anthropomorphisme (qui tend à lanimisme quelquefois)
vient aussi l image de l être humain. Pas nimporte quelle
image; limage que sen font ou sen faisaient les programmeurs
et à un degré plus profond les concepteurs des machines elles-mêmes.
L angoisse de perdre des données qui charpente encore la plupart
des communications avec notre machine est issue du degré de fiabilité
de la machine et de lutilisateur estimé, par les concepteurs et
transmis aux programmeurs.
Cest lexpression dun surmoi, de ce qui correspond à
lidée de la servitude de la machine, de lexactitude de ses
réponses aux ordres en même temps que lirrationalité
et la faiblesse de lutilisateur. Le prérequis est que lincertitude
repose exclusivement sur le comportement humain.
C'est un prérequis judicieux et surtout parfaitement ajusté à
l idéal dune machine. Cest, je crois, un réflexe
hérité du mécanisme. Quand lindustrie sest
trouvée menacée dêtre dégradée au rang
dartisanat par la mécanisation à vapeur.
Malgré quelles furent le progrès, la " micro-informatique
" et les " calculateurs personnels ", nos machines ont gardé
quelques traits fossiles de leur utilité originelle.
Alors quelles sont appelées à distribuer la nouveauté,
à diffuser le modernisme ça ne prend pas vraiment, pas très
profondément.
Quand les artistes ont eu accès à ces machines modernes, ils avaient
(comme tout le monde) déjà intégré le paradoxe de
lutilisation des machines au moment den exploiter la puissance.
Dune certaine manière mon histoire de " genre humain "
est moins incongrue qu il ny paraît.
Lendroit où le paradoxe apparaît plus clairement est lorsquil
sagit de produire des pages Internet.
Dans les programmes destinés à la fabrication de pages web la
filiation avec des feuilles de calcul semble très directe et malgré
lambiance et la rumeur les programmes spécifiques montrent la jeunesse
et le non fini du domaine. Les contraintes sont très visibles et mal
compensées par lengouement. La lenteur des processus et la mauvaise
qualité des standards évoquent encore dix ans après linvention,
les goûts frustes des pionniers.
Pourtant limpression générale est dune haute technicité,
les modèles imités viennent généralement de la communication
de masse : la publicité, le graphisme etc... Ces modèles sont
généralement habitués à un degré de finition
plus grand. Et on le voit quand pour des habillages dantenne la télé
prend un look web, ça roule mieux, cest plus propre que pour leurs
propres site.
Sur internet les codes de lectures sont généralement les mêmes
que pour les magazines, les pochettes de disques, les emballages
si ce
nest quon déroule plutôt quon ne tourne ce qui
est plutôt une contrainte. On dirait que malgré les possibilités
dune surface infinie on utiliserait plus volontiers un rectangle vertical
découpé dans un cadre horizontal.
Mais cest sans doute de genre de contraintes que jailliront les chefs-duvres
de bon goût que les générations futures admireront.
Sauf si les artistes nétaient plus de ce genre là ou que
la piétaille numérique ne se contentait pas de ce sort et que
nous nous intéressions à ce qui est un peu moins commun.
Cependant il y a des aspects dinternet qui sont peu commun : la liberté,
légalité et la gratuité.
Déjà aux nostalgiques des grands airs classiques, la réputation
de liberté absolue dInternet évoque de belles heures. Le
fait quInternet nait pas de chef est avéré. Légalité
théorique de nimporte quelle adresse est vérifiable à
condition que la requête qui lui est destinée soit correctement
formulée. Une fois le provider payé beaucoup de services généraux
sont gratuits si ce nest la publicité que lon reçoit.
Malgré ces aspects particuliers (indéniables, quoique limités)
le développement dinternet ne repose pas sur ces seules idées
et dans ses modes opératoires transparaît autant de lidéal
informatique initial que les moyens récents injectés pour son
développement.
Ces deux éléments sont quelquefois en opposition complète.
Cette opposition est due à mon avis à ce que les moyennes et les
tendances soutiennent, ici aussi, léconomisme ubiquite.
En mettant mon journal en ligne, je me suis demandé pourquoi lart
est si peu, si mal visible, et si cet état tenait à lart
lui-même puisque pour dautres domaines la superposition didéaux
ne semble pas avoir le même effet.
Avant dillustrer cette question avec un exemple, je voudrais traiter du
moyen de représentation de léconomisme: les moyennes.
Une des particularité de ces moyennes est quelles représentent
deux choses à la fois : elles mêmes et ce quon veut leur
faire montrer.
Je voudrais reproduire ici un exemple qui mimpressionne .
Une population de 1000 individus est représentée par une moyenne
dont on tirera une tendance générale. Sur 1000 individus 999 ont
vu leurs moyens financiers diminuer de 1000 $ sur la période étudiée.
1 individu de cette population à vu son avoir grandir de 2000000 $ (joli
!). En moyenne cette population sest enrichie de 1001$ par individu. La
tendance est à lenrichissement, à la croissance. Cet exemple
peut paraître exagéré mais cest pourtant le genre
dordre de grandeur entre quoi varient couramment les salaires entre les
employés de grandes entreprises.
Mais mon propos ne porte pas sur ces disparités, mais sur le fait que
les moyennes donnent une image quelquefois fausse quoi que vraie.
Et cest pourtant le moyen de représentation des groupes le plus
utilisé. En ne tenant pas compte, ou plutôt en tenant compte au
même titre que le commun, des exceptions (ici un bienheureux) on fausse
immanquablement limage quon cherche. Mais plus encore en déduisant
des tendances générales de telles moyennes on est sûr de
se tromper sur chacun des individus. Pourtant on peut sans crainte dire que
cette tendance existe, on craindrait plutôt dêtre hérétique
en prétendant le contraire.
Or si Internet est régi par les tenants de léconomisme général
qui considère des masses, lart est assez peu formatable en moyennes.
Premièrement parce quil concerne assez rarement les masses et en
suite parce que le culte de lindividualité tient lieu déconomie.
Je parle ici de lart et pas du marché de lart. Les sites
proposant dacheter des uvres dart ne sont pas des uvres.
Sur Internet les
uvres sont présentées comme nimporte quel fichier
et sont consultées de manières banale comme nimporte quelle
autre information.
La popularité dune adresse est indépendante de ce quelle
présente et par exemple que vous soyez un site artistique ou non cest
laccroissement du trafic sur votre site qui en principe décide
de votre place dans la présentation des résultats des recherches
des moteurs. Parce que la tendance représentant cet accroissement est
à la hausse ou à la baisse absolument, indépendamment du
point de départ ou du nombre de coups, de visite ou de chargement. Cest
pour cette raison quon est très vite approché, de manière
absurde, par des annonceurs lors de mouvements un peu contrastés.
Ce serait pourtant en considérant individuellement toutes les adresses
quon pourrait établir ce qui est populaire, ce qui a des raisons
de lêtre, ce qui nexiste même pas.
Par
exemple
Jai trouvé, et joins à
la suite , une publicité dans un magazine populaire de vulgarisation
des sciences. Ce nest quune publicité et je ny voit
évidement par une uvre machiavélique de propagande, mais
tout de même.
La publicité vante les mérites dune série de 60 fiches-géantes
: japprends la Micro (sic).
Sur un fond mauve foncé se détachent de grandes lettres jaunes
: " Utilisez votre PC comme un Pro ! " (notez les majuscules).
En dessous une illustration du produit 8 des 60 fiches en cascade, ombrées
électroniquement (drop a shadow), et la mention progrès garantis,
en capitales cerclées dun double filet à la manière
des tampons de poste : ceux qui font foi.
À gauche trois vignettes légendées: " pour les études
,pour
le travail
, pour les loisirs, la maison ou lécole ! "
La vignette " pour les études
" figure une jeune femme
à lunettes, assise à son bureau, un serre-tête rose retient
des cheveux coiffés sans soin particulier. Elle contemple sur son écran
un graphique en cercle dont les cadrans colorés font ressortir une moyenne.
Sa main gauche repose sur le dessus de son moniteur. Elle semble jouer de cette
main gauche, distraitement avec un stylo à bille.
Cest une étudiante.
La vignette " pour le travail
" figure deux hommes en conversation.
Ils ont un peu défait leur cravate. Il est déjà tard dirait-on
car la lumière est faible sur le décor. Lhomme que lon
voit de face est debout légèrement penché sur son collègue
(à lunettes) et bien quon ne puisse pas tout à fait distinguer
leur rapport de force on voit bien quils collaborent. Lhomme debout
indique à laide dun stylo à bille fermement tenu dans
une main droite virile (dautant plus virile que lhomme debout a
remonté ses manches : il travaille) une série de données
organisées sobrement sur lécran de son collègue.
Ici pas de joli graphique mais de la vraie matière. Lhomme debout
regarde son collègue en penchant la tête mais lui indique lécran.
Ce sont des hommes qui travaillent.
La vignette " pour les loisirs, la maison ou lécole
! " présente une famille souriante regardant ensemble un écran.
Le monsieur porte une chemise de coton épais sans cravate, ce quon
appelle " casual wear ".Cest une manière précise
de shabiller qui correspond sinon au loisirs au moins à un moins
grand formalisme vestimentaire et qui est toléré le vendredi dans
les administrations.
La dame, debout, couvre de son amour maternel son mari et sa fille. On voit
à lavant-plan son alliance. Sa main repose affectueusement sur
lépaule de lhomme. La petite fille est entre eux deux, elle
semble absorbée par lécran et sourit elle aussi.
Lordre de la légende est : les loisirs, la maison ou lécole.
Cest un choix multiple pour lutilisation des fiches et partant pour
lordinateur. Dans lordre classique de lecture, dans limage
cest lhomme qui est lu en premier (à gauche) ensuite la femme
et /ou lenfant (elles sont pratiquement sur la même ligne). Je lis
donc la légende et limage ensemble comme : les loisirs de lhomme,
la maison de la femme, lécole de la petite.
Cest une famille.
Dans son intégrité la publicité compte 4 faces, cette partie
est la " couverture ".
Encore une fois ce nest quune publicité qui répond
à des critères généraux qui eux mêmes sont
sûrement issus des tendances observées. Si les femmes étaient
plus représentées dans le monde des cadres, par exemple, elles
seraient représentées dans le décor du travail.
Lire ce genre de publicités est une expérience commune et divertissante,
je ne crois pas avoir inventé leau chaude, jessayais seulement
de décrire la manière dont on nous apprend la façon adéquate
de répondre aux sollicitations les plus fréquentes de notre machine.
Cest à dire saffranchir grâce aux fiches et aux astuces,
se perfectionner. Intégrer une machine comme un assistant (un collaborateur
ou un ami) efficace et précis dans les aspects les plus communs de notre
vie (travail, famille, etc
). Transcrire dans ce nouvel environnement les
valeurs moyennes sexisme, hiérarchie, conventions sociales.
En résumé, linformatique est paradoxale. Ses utilisateurs
partagent une idée commune sur les machines et sur eux mêmes :
ils sont au départ dans un certain état dimperfection individuelle
tandis que les modes de production et danalyse du médium quils
pratiquent sont sensément exacts et généraux (mais, à
mon avis passablement invalides pour leur usage).
Cest dommage parce que cest lexception qui contient linformation
la plus pertinente, fusse par contraste. Et que cest précisément
là que lart se trouve.
4. Les techniques
nouvelles propres à lélectronique, le sous-texte éthique.
Je ne suis pas capable de dresser un inventaire exhaustif des possibilités
nouvelles qui soffrent aux artistes, je nen suis pas informé,
et dans une certaine mesure cest en soi une expérience de pensée
que dimaginer ce quelles sont et ce quelles devraient être.
Je suis un artiste, rien dautre et je nai pas dautre prétention
quà ce titre faire partager ce que je vois et ce que je pense.
Il serait même périlleux dévoquer par leurs noms les
différentes fonctions proposées par les programmes destinés
à lart de type peinture ou à lart de type littérature
.
Pour évoquer les nouvelles techniques je voudrais dabord distinguer
deux types (subjectifs) dart un peu à la manière dont les
programmes destinés à Internet distinguent des familles de typographies,
sans trop faire de distinctions entre les typographies elles-mêmes, qui
ont pourtant une existence propre mais qui, sous cette forme danalyse
synthétique particulière montrent plus de caractères communs
que de différences opératoires.
Je voudrais ensuite en venir à trois idées qui me sont venues
comme des évidences en apprenant à utiliser une machine pour mon
journal en ligne.
Les deux types de familles dart sont :
a.) le type peinture que lon peut percevoir en une fois, comme la peinture,
le dessin, la sculpture, les installations
et dans une forme un peu plus
spécifique, parce que ce sont des multiples, des copies numérotées
ou des parties, comme la photographie, les uvres électroniques
fixes, les estampes, certains graphes mathématiques (je pense par exemple
au très beau graphe en " ailes de papillon " de Lorenz, aux
attracteurs étranges, aux fractals
) à une partie des formules
physiques, aux scènes archéologiques et à toutes ces choses
qui produisent une émotion immédiate.
b.) Le type littérature qui nécessite du temps
du début à la fin ou au recommencement de luvre, comme
la musique, la poésie, la littérature en général,
mais aussi le cinéma et la vidéo, la danse, certaines démonstrations
mathématiques ou physiques qui recourent à la littérature.
Les graphes mathématiques ou des scènes archéologiques
ne correspondent pas dhabitude à une catégorie " peinture
", je le sais. Je le déplore parce que non seulement ce sont des
objets émotionnants mais ils ont été inventés ou
découverts de manière plastique. Cest à dire quaprès
leur invention leurs parties, leurs constituants ne sont plus séparables,
ne pourraient plus, honnêtement, reprendre leur état premier. Par
exemple on ne pourrait pas gratter la Joconde, moudre et tamiser les nobles
raclures obtenues par ce décapage et à laide de solvants
adéquats réobtenir les pâtes et les vernis de Léonard
ils ont été conservés en tant quensemble: la Joconde.
De la même façon il est difficilement envisageable doublier
linvention de la grotte de Lascaux dans les années quarante, ou
de considérer la formule de léquivalence de lénergie
dun corps physique avec sa masse multipliée par le carré
de la vitesse de la lumière (E=mc2) comme inexistante. Ce nest
peut-être pas extraordinaire mais il est bientôt temps de toutes
façons de réorganiser la taxinomie des activités culturelles
ne fusse que face à lobscurantisme rageur des rites économiques.
Retour
au chapître sur lévolution de lesthétique, lhistoire
de lart vue comme un darwinisme.
Pour évoquer ce qui mest venu en découvrant les techniques
nouvelles (nouvelles pour moi, récentes dans lhistoire de lart)
et leurs sous-entendus éthiques, la voie me semblait de voir en quoi
certaines nouvelles possibilités peuvent contenir des évidences
incontournables et de tester ces évidences.
En voici trois qui mont frappé particulièrement dans mon
travail.
La première évidence est le nivellement des
deux grandes familles dart par leur affichage.
L informatique peut appliquer aux informations les mêmes types de
traitement puisque la réduction au format adéquat est obligatoire.
On ne peut pas utiliser la puissance des calculateurs sans en passer par les
machines et donc par leurs modes de fonctionnement particuliers. Ça ressemble
à une Lapalissade mais ça implique une uniformisation de la matière
artistique numérique qui fait tendre le type peinture vers le type littérature
et, bien sur, le type littérature vers le type peinture. Non pas que
les images fixes durent un temps précis ou que la musique, par exemple,
sentende en une seule fois mais que le code qui les représente
est strictement de la même nature.
Par exemple leur affichage est opéré par le même standard,
la succession, lintervalle de remplacement des lignes sur lécran
dun moniteur est égal quil sagisse dafficher
des images animées ou du texte.
La machine rend limpression de fixité par litération
des mêmes informations aux mêmes endroits comme elle rend limpression
du mouvement par la variation dune partie plus ou moins importante des
informations dune image à lautre. Cest la manière
dont la matière artistique à été transformée
qui permet cette prouesse. Le moniteur " sait " ce quil doit
faire pour afficher tel type ou tel autre dinformation, l information
est préparée pour cet affichage.
L irruption du temps à cet endroit là du processus est la
chose nouvelle. L uvre à toujours contenu par son existence
une quantité de temps qui se reproduit lors de sa consommation.
On sait bien que Jeff Koons a pris du temps pour suspendre entre deux eaux son
ballon de basket et quil nous en faut pour le voir et le comprendre mais
ce temps nest pas de la même nature que celui dont ont besoin les
notes pour se succéder et donner le rythme dune mélodie,
parce que celui de la musique fait partie de la représentation, fait
partie de ce qui se crée à linstant même et qui inclut
un déroulement, lorganisation dune durée. Les vitesses
de la lumière et du son étant constantes par ailleurs.
Le fait que laffichage soit le résultat dun calcul permanent,
dune vérification permanente annule la possibilité ancienne
de patrimoine. Une uvre en dehors du domaine numérique est un résultat
réputé stable, cette propriété lui confère
sa valeur. Numériquement ça na pas de sens. Sa valeur, son
poids est dabord le temps que dure, que prend son affichage.
Or même si bien sûr les uvres existent dune
certaine façon en dehors de leur affichage écran elles nont
pas non plus de valeur patrimoniale. Une fois réduite à une liste
de chiffres il faut inclure dans cette liste les informations relatives à
sa reproduction par exemple. Nayant pas de valeur unique une telle liste
peut être ubiquite. À la différence dun tableau dans
une galerie ou dun volume dans une bibliothèque la présence
de leur équivalent sur un serveur pourra être distribué
simultanément et sans altération en réponses à des
requêtes indépendantes. Même avec linformation de la
restriction " lecture seule ", ou " libre de droit " il
ny aura jamais de trou dans le répertoire où elle est conservée.
Cet aspect qui résulte de lobligation de rafraîchissement
permanent de limage si on veut permettre linteraction dun
utilisateur avec sa machine et donc vérifier en permanence sil
ny a pas de modification à apporter à lécran,
transforme radicalement la nature de lart et crée de fait un nouvel
état culturel.
La deuxième évidence est la réversibilité du
temps dans le processus de fabrication.
En tout cas lapparence de la réversibilité. La fonction
UNDO, avec la possibilité du paramétrage de son étendue
ne peut que différencier la nature finale des uvres. Une grande
partie des efforts forcenés consentis par les artistes pour masquer leurs
repentirs sont récompensés ici. Ils ne subsistera de trace de
ces repentirs quavec la volonté des artistes, avec leur consentement.
Lapparence de vérité patrimoniale en est dautant renforcée
alors quon vient de voir quelle est de fait démentie. Les
choix découlent tous de la possibilité dexistence de tel
ou tel état de luvre. Parce quune fois confirmé
lordre de revenir à létat précédent
le temps se retourne et se remet en place. Il ne sest numériquement
plus rien passé entre létat original et ce même état
auquel on est revenu.
Pourquoi alors proposer tant de choix et de réponses à confirmer
si on peut revenir à un état précédent ? Justement
pour pouvoir y revenir, pour définir au mieux nimporte quel état
comme létat à quoi il faut revenir. Comme le moment ou commence
lintervalle de temps (et ce quil contient) quil faut renverser
et effacer. Parce que bien entendu cet emprunt au temps ne senvisage quavec
son effacement.
Où rangerait-on sinon toutes ces informations ? Comment
les synthétiser comme non-avenues ?
Lorsque lon vide les circuits de leurs électrons, ces informations
cessent dexister elles nont même jamais commencé.
Une troisième évidence est limitation du réel.
On ne compte plus les programmes destinés à la retouche dimages,
au montage de vidéo, à lélaboration de musique et
de dessin (2 et 3D).
Certains sont plutôt destinés aux professionnels de la profession
mais la tendance sinfléchit vers un usage plus répandu,
une diffusion plus large de ces produits. Cest un progrès incontestable,
à la fois économique et social, sans doute équivalent à
linvention de limprimerie.
Le principe de limprimerie ne date pas de Gutenberg mais il est indéniable
quen produisant des livres de cette façon son invention a favorisé
la culture générale et la liberté des consciences.
Il ne cherchait pourtant pas directement ces effets là sur lhistoire
de lhumanité. Il voulait produire à moindre coût des
codex précieux. Limitation par certains aspects surpassant même
les modèles. Le fait que grâce à son invention ces livres
imprimés plutôt que copiés seraient moins chers à
produire en grande quantité et donc à terme moins chers à
la vente a plutôt gêné Gutenberg. La diffusion par cette
voie de lalphabétisation était trop éloignée
dans le temps pour représenter un impact réel dans la demande
à quoi son offre se proposait de répondre.
Les programmes grâce à quoi on peut produire de lart type
peinture ou littérature se répandent plutôt par leffet
dentreprises cherchant légitimement à vendre le plus possible
de produits. Cette popularisation servira, comme pour limprimerie, tout
autant le progrès de lhumanité que le commerce.
Mais ce nest pourtant pas tout à fait confondible. Les causes tendant
vers le même but ne sont pas équivalentes. Même si cest
plutôt tentant.
Limitation de plus en plus efficace du réel répond assez
bien à cette tentation et même semble avoir répondu à
cette tentation chaque fois quelle est apparue.
Esthétiquement le réalisme bourgeois du XIXème
ou le réalisme socialiste du XXème ont répondu au besoin
de représentation, aux tentations déquivalences entre les
moyens et les buts dun type de société.
Alors soit la domination des moyens pour produire des imitations de plus en
plus précises, de plus en plus adéquates à notre façon
de voir le réel, tellement quelles en deviennent une partie, devrait
nous conduire à ne plus rechercher la possession de ces imitations.
À ne plus collectionner les images.
Dautant quelles sont à la fois sans existences propres puisquelles
sont reproductibles sans altération (donc sans valeur) et quà
cause de leur nature numérique elles tendent à se mélanger,
à se confondre avec leur modèle lui aussi numérisé,
retouché, monté etc
Ou alors les images produites dans limitation du réel ne serviraient
qu à illustrer un type de société pour qui les moyens
de production de ces images et surtout leurs nouvelles propriétés
numériques sont des aberrations temporaires.
Par exemple
En tenant mon journal javais peint une animation ou on voyait un arbre
abattu tomber dans le bleu du ciel. Cette animation est une boucle de sorte
que larbre revient toujours au moment ou le tronc est détaché
de la souche et tombe dans le ciel.

Jai repeint le ciel en utilisant pour chaque coup de pinceau un des bleus
codés pour figurer le ciel dans le film original.
Je lai peint parce que depuis que je suis petit on me répète
régulièrement quon coupe dans les grandes forêts du
monde. Avec le temps japprécie mieux la taille de ces forêts
puisquon semble y abattre infiniment des arbres et quon n
a pas encore annoncé la disparition complète de ce que nous savons
tous être des organes de la planète.
Ce sont aussi des sources de revenus et de subsistance pour des humains et à
leur mesure, petite ou grande, ils exploitent ces sources non protégées
par des trade mark ou des copy right.
Moi aussi jexploite ces forêts à travers
ce dessin. Jutilise limage de cet arbre particulier pour figurer
un ensemble connu de tous.
Toutefois je sais que jutilise des images qui appartiennent à quelquun,
je les utilise dans un but non commercial mais ça ne change rien, jai
utilisé indûment, dune certaine manière, une image
qui semble commune à tous ceux qui savent quon abat des arbres
dans les forêts tropicales. Ces images qui me servent de fond, de matière
première continuent certainement dexister en dehors de mon animation.
Mais pas, plus, de la même façon.
Et de toutes façons ces images étaient déjà codées
de sorte quil me soit possible de les utiliser à cet effet.
Mais le plus intéressant pour moi était que ce nest que
grâce à leur réalisme et à celui des outils de peinture
utilisés que leffet recherché est atteint.
Pour conclure
Je suppose que je ne suis ni le premier ni le seul artiste qui ait réfléchit
à toutes ces choses dans ces termes. Si le travail des artistes contemporains
se partage entre la production duvres et le discours sur ce travail
au point, quelquefois, que ce ne soit plus quune seule chose, internet
est un moyen exceptionnel.
Cest lendroit idéal pour les expériences de pensée.
Mais à cause des formes imposées à ces expériences
par notre conception de lhistoire de lArt ou du Goût, la limite
entre la critique et lart y est floue. Lesthétique nest
pas adaptée au nombre de ponts entre les deux rives parce quelle
relève, à mon avis, des poncifs qui impriment nos esprits.
Il ny aura pourtant pas de sélection naturelle, pour se débarrasser
de ces poncifs parce que nous vivons dans un idéal paradoxal plus efficace
que la nature qui gaspille des générations et des générations
pour évoluer.
En menant mon expérience personnelle, en poursuivant lexercice
de mon art avec de nouveaux moyens, je me suis trouvé confronté
à des évidences qui posent des questions à quoi nous devrions
répondre.
Mais ce qui me paraît essentiel dans la réponse
que nous donnerons (artistiquement) est de commencer par sextraire du
courant général économiste. Je veux dire de cette façon
particulière dorganiser le chaos dinternet, qui est le laisser-faire
(un peu régulé).
Ce laisser-faire entraîne une lutte dans laquelle les inefficaces, les
excessifs seront éliminés et les meilleurs atteindront une certaine
forme déquilibre entre eux, laquelle finit "paradoxalement"
par bénéficier à tout le monde.
Or si le but est louable : le bénéfice de tous, la méthode
pose deux problèmes. Il existe bel et bien un cadre qui est imposé
den haut qui sont les moyennes et les tendances et ensuite le bénéfice
final escompté nest universel quune fois que la lutte à
eu lieu cest à dire quand le nombre des bénéficiaires
est réduit.
Pour lart qui nest pas une lutte en soi toutes les expressions comptent
y compris les inefficaces et les excessives, et les canons de lart ne
peuvent que prendre en compte les exceptions.
Note sur mes essais en S.V.G. "to top"
1: Les raisons pour quoi je me suis intéressé à S.V.G. "Sur le papier" S.V.G est sensé produire des graphiques vectoriels (légers donc) dont les propriétés (taille, couleurs, positions /mouvements, et interactivité (liens hypertextes)) sont jointes sous forme de code (texte donc très léger aussi) qui est une forme variante du html. En fait l'en-tête du document "prévient" le browser du type de document (spécification particulière du w3c) et ensuite le code est une description des graphiques et de leurs propriétés. L'effet de l'en-tête est principalement d'invoquer le plug-in nécessaire à la lecture correcte de la page. En plus ce codage particulier permet d'attribuer à du texte le même type de description qu'aux graphiques vectoriels. En bref ça signifie qu'on peut "animer" du texte et des images sur des pages super rapide à charger. De plus non seulement le code est libre, mais le plug-in est "distribué" gratuitement par (entre autres) Adobe qui est une grosse boîte qui y a vu l'opportunité de casser son concurrent en l'intégrant à ces propres programmes. En gros S.V.G est l'alternative idéale à Flash (NB: il n'y a pas de solution légère pour le son.) Si on ajoute que le w3c fournit aussi un browser/distiller en wysiwyg (Amaya) on est quasiment tenu d'organiser un atelier S.V.G lors de NOFLASH. 2: Suite des opérations à suivre (sur mac) pour lire et produire du S.V.G. Voici le journal de mes tentatives pour profiter des avantages du S.V.G.
J'ai essayé le player d'adobe, tout marche bien jusqu'au système mac OS 9 ensuite je suis fort en peine de dire si ça marche ou pas. Alors que je l'ai chargé et installé proprement sur un système 10 la plupart des pages contenant du S.V.G que j'ai consulté me proposent de charger le player à la place de jouer le S.V.G correctement. Au delà du système 10.1 je crois qu'il n'existe pas de player.
De toutes façons le player que j'ai ne semble pas affecter le fonctionnement d'Opéra et de Mozilla (?). De toutes façons étant sous OS 10.2.6 j'ai des difficultés pour lire le S.V.G. qui ne soit pas produit par Graphic Converter (shareware) et qui autorise la lecture sous forme de GIF. ( C'est une des possibilités lors de l'enregistrement du document).
Pour le S.V.G. produit par Adobe (Illustrator) je ne peux pas le lire ni l'afficher dans une page WEB.( vraisemblablement c'est dû au player)
Idem pour le S.V.G. produit par Grafic Converter d'une autre manière que lecture GIF autorisée.
J'ai alors essayé de produire autre chose que du S.V.G. traduit depuis GIF ou JPEG en cherchant un soft qui fabrique en wysiwyg des pages contenant du S.V.G. actif.
J'ai trouvé un seul programme possible pour Mac (pour Mac est abusif c'est un programme Unix qui tourne sous Xtreme): Amaya. J'ai essayé de le compiler en chargeant Fink (un installateur de programme Unix, je crois). Il me semble avoir suivi pas à pas les instructions et avoir entré dans le terminal les lignes de code qu'on me demandait. Je suis arrivé à dépaquetter et instaler fink mais je ne suis pas parvenu à instaler Amaya pour quoi il me manque xfree 86 dont le terminal me dit que je n'ai pas la bonne version (c.à.d.: la version SDK).
J'ai donc téléchargé deux paquets supplémentaires X11 et un autre X11sdk en version bèta chez apple. Ces deux paquets installés un nouveaux terminal s'ouvre (Xtreme) et ouvre Amaya et en principe une foule d'application Unix selon la ligne de commande.
J'ai finalement lancé Amaya mais le résultat est hautement déçevant. Amaya est présenté comme un programme wysiwyg mais l'est en définitive très peu. Pour qui ne connaît que dreamweaver c'est même assommant.
3: Réflexion sur l'expérience.
Compiler moi-même une application Unix sur mon Mac est à la limite de mes possibilités informatiques et de mon intérêt intellectuel. D'abord parce que si j'ai pu le faire c'est seulement à force de patience et de soin ( j'ai entré inlassablement les lignes de codes recommandées en corrigeant l'une après l'autre les erreurs que j'y introduisait), et même si j'ai trouvé l'aide d'une communauté comme décrite dans notre texte de base, à plein de moments j'avoue que j'aurais donné volontiers mon n° de carte de crédit pour que ça se fasse tout seul. En plus alors que je suis sûr qu'il y a une beauté dans le code en lui même je ne m'en suis pas énormément rapproché: je n'ai pas plus d'accès que précédemment à la source du programme alors que je l'ai copiée.
Ensuite si je suis
grosso modo d'accord pour reconnaître qu'il faut donner un peu de soi pour avoir
accès à un outil plus moralement intègre, mon but est finalement de faire de
l'art. Or la raison entre le temps passé et le résultat acquis ( en l'occurrence
l'utilisation d'Amaya ) est fort décevante.
Il reste que je suis parvenu à traduire des Gifs en S.V.G. Mais bon ils s'affichent
aussi sous forme de Gifs si on a pas le plug-in S.V.G.
On est de loin de l'art.
http://www.lionellesire.be/noflash/svg/machine.html
http://lionellesire.be/noflash/svg/test.html
J'ai utilisé comme "sujet" une machine noflash.
Donc à mon avis: Si nous projetons un atelier S.V.G. il me semble qu'il faudrait qu'il soit - soit super pratique genre: voici ce qu'on peut faire, avec les restrictions d'usage: mais ce n'est pas encore Flash, ni en confort ni en productivité. - soit un séminaire sur ce que devrait être, sur base de la description "sur papier", une version élégante et utile d' Amaya.
Note sur une instalation d'une distribution Debian du système Linux, note pour moi-même à l'usage de tous. "to top"
J'ai le temps ce matin pour ce compte-rendu et l'absolue nécessité de noter pour que ça serve à quelque chose. Les questions au fil du texte appellent des réponses de noflash members plus au fait.
Hier au soir nous avons essayé d'installer Linux sur une machine (PC) chez Constant. Jens découvrait en même temps que nous la machine, toute nouvelle, constituée pour cette occasion. Nicolas et Kriku avaient "composé" la machine en prenant soin qu'elle soit puissante et qu'elle dispose d'une grande capacité de mémoire (123G).
Jens avait apporté une distribution Debian "de base". Le but était d'en faire une machine "graphique". Le plan était d'installer une base Linux depuis un CD et d'ensuite charger et installer les paquets complémentaires depuis un serveur.
Jens nous a fait un point sur l'organisation physique de la hiérarchie interne de la machine, cette organisation est prépondérante parce qu'elle servira tout au long de l'installation à figurer mentalement les lieux et à retenir le nom des devices et donc des répertoires associés.
En gros depuis deux contrôleurs partent deux nappes ou viennent se ficher les disques durs et autres devices. [attention les floppys s'enfichent ailleurs sur une autre nappe plus étroite]. Soit ./dev/hda, ./dev/hdb, ./dev/hdc, et ainsi de suite. Où [./]= carte mère (?), [dev] pour device et [hda], [hdb], [hdc],…pour hard disk emplacement a, b, c,…[l'adresse d'un floppy=./dev/fdf(?)
Puis nous avons modifier le "bios"(?) afin de s'assurer que la machine soit configurée en temps GMT (utile pour les chargement ultérieurs).
Une fois le CD installateur inséré l'installation démarre. Il s'agit de créer les partition nécessaires et/ou pratiques en fonction de la logique physique décrite plus haut, Jens à attribué la mémoire en fonction de son expérience de l'utilisation des différentes partitions. Ici il n'y avait qu'un seul disque dur d'où la nomenclature suivante: 1:
./dev/hda/??? qui
est l'endroit où viendra le kernel (centre névralgique du système comprenant
en un seul grand bloc le programme opératoire plus les drivers, nous avons choisi
une distribution stable 2,4 qui semble être très large. (A noter: l'operating
système est constitué du kernel et du hard ware).
2: ./dev/hda/user (100000M<100Giga) où viendront les programme proprement dit.
3: ./dev/hda/var qui contiendra les variables (?) j'immagine dédié à un serveur.
4: ./dev/hda/var log qui limite l'écriture d'un serveur à la taille qu'on lui
attribue.
5: une toute petite partition pour exploiter temporairement un peu de la mémoire
morte en tant que mémoire vive.
Les suivants je ne m'en rappelle pas.
Ces partitions servent à ce qu'une fois alloué l'espace de mémoire morte ne soit pas dépassé et que la mémoire vive soit utilisé au mieux. Par exemple deux ou plusieurs utilisateurs travaillent dans leurs partitions respectives de sorte qu'en plus d'éviter l'encombrement de l'espace disque la machine gère au mieux les ressources de mémoire vive ou de bande passante.
Ces partitions ont été installées en ??? à l'exception des ./dev/hda/var et ./dev/hda/var log qui l'ont été en logical.
Ensuite Jens a créé des répertoires qui correspondent à ces partitions avec une variante pour /varlog qui est un sous répertoire de /var mais qui est lié à une partition distincte.
On trouve un index des noms utilisables sur l'installateur. Il est à noter que la transparence de l'organisation du système d'exploitation avec l'organisation physique de la machine est à la fois très pratique et absolument nécessaire.
Par exemple l'attribution d'une adresse logique reprenant le chemin de l'arborescence permet de déduire relativement rapidement la grammaire des lignes de commandes mais oblige à une connaissance exacte de ce chemin. L'installateur Linux connaît parfaitement cette organisation et même "voit" parfaitement les composants de la machine mais il faut attribuer manuellement une adresse correcte à ces composants.
Jens à continué l'installation par la configuration de la carte réseau afin d'aller charger le reste des paquets.
En l'occurence la carte de réseau (smc et non rtl) n'était pas compatible avec cette distribution précise.(2,4). Charger une autre distribution comprenant la description de cette carte réseau étant trop longue Kriku a changé la carte réseau.
Une fois un serveur (non libre et non us pour des questions inhérentes aux droits nationaux en matière de cryptage) choisi. L'installateur a extrait, dépaquetté, et installé sans problème les modules supplémentaire du kernel , les drivers et des applications.
Jens a alors tenté d'installer une interface graphique. mais là non plus la carte ne se comportait pas comme attendu. Trop neuve? trop puissante? (geforce4) toujours et-il qu'aucun écran n'était reconnaissable à moins d'une définition relativement limitée à 600/400 et 16bit.
Il était alors minuit et demi et nous sommes passé à l'examen (un peu succinct) de Sodipodi et Gimp sur le portable de Jens. Je ne peux rien dire de ces programmes à part qu'ils existent bel et bien (ce dont je n'ai douté qu'à quelques reprises entre 11h34 et 00h47 CET hier au soir). Toutefois je suis impatient de les utiliser.
en conclusion:
Il me semble que décidément NOFLASH n'est pas le nom qui convient à notre entreprise. Noflash signifiait pour moi ce qui est corollaire, ce qui est relatif ou concurrent du format .swf et qu'il me semble que ce que j'ai expérimenté jusqu'ici est d'un autre ordre.
Je me suis rendu compte par exemple que Linux fonctionne d'une manière plus "naturelle" que windows ou macos, je veux dire que mon intellect est "configuré" plutôt à la manière de Linux avec des adresses équivalentes à leurs lieux de stockage (mes souvenirs surtout). Mais surtout que la démarcation entre les artistes et les Linuxmasters est évidente. Sur une base commune d'intérêts et de points de vues politiques la synergie que nous cherchons est là. Les potentialités et l'étique (qui semble liées étroitement) de ce système d'exploitation n'est (pour le moment ) réellement accessible aux artistes qu'avec le concours soutenu d'experts linux.
Même si, une fois installés, je suis sur que les programmes qui tournent sur Linux sont comparables aux programmes issus de compagnies propriétaires, l'accès et donc le développement de ces programmes ne peut se faire que par le truchement d'une connaissance (une non-peur?) de la machine et de ses mystères. Et cette connaissance, au delà des principes est surtout l'affaire des linuxmasters. Parce que, à de rares exceptions près, ni les uns ni les autres ne vivent dignement de leur activité gracieuse le temps disponible est nécessaire et exactement suffisant pour ces activités.
Pourtant puisque les intérêts sont communs pourquoi ne pas chercher non pas à récolter des oeuvres d'artistes non utilisateurs de Flash dans notre hypothétique concours, mais à renforcer, initier un lien entre ceux qui ont sauté le pas vers le code et la machine et ceux qui sans être aveugle et sourds ont besoin de tout le temps pour "dessiner".
Hier au soir c'était frappant, quand après des heures nous avons ouvert un programme graphique je me sentais apte à l'explorer et à en tirer immédiatement un parti graphique. D'autant que les limitations du programme en question (pas d'animations, pas de son) était désormais compensées par la connaissance de son principe et de son sens éthique. Alors que Jens par manque d'intérêt ou de temps n'avait visiblement que peu d'idée de son fonctionnement. Or nous avions tous clairement à l'esprit la raison de ces efforts.
Le mieux serait de créer une espèce de binôme artiste/linux master de sorte que d'une part on puisse arriver à créer de l'art vraiment informatique (transparent avec le système) et qu'à terme le binôme soit quasiment interchangeable.
Parce que, même si on dirait que c'est la seule voie actuelle, l'art informatique reste confiné dans le décor internet ou la traduction informatique de performances classiques. Or il me semble qu'il y a autre chose à faire avec le temps dont on dispose.